Le laboratoire danois Novo Nordisk a fait un véritable tabac aux États-Unis depuis qu’il y commercialise le Wegovy, un traitement anti-obésité disponible depuis 2021 sous forme injectable. Outre-atlantique, la demande a été tellement forte que plusieurs pénuries ont eu lieu et le groupe pharmaceutique en a tellement écoulé qu’il a été propulsé au rang de première capitalisation boursière européenne, dépassant même les géants de la tech du Vieux Continent et le groupe LVMH.
Disponible depuis fin 2024 en France, le Wegovy a vu le comité scientifique (CHMP) de l’Agence européenne des médicaments (EMA), au mois de mai 2026, émettre un avis favorable pour une nouvelle forme galénique accessible aux patients, cette fois sous forme de comprimés avant que la Commission européenne n’accorde l’autorisation de mise sur le marché le 15 juillet 2026. Elle arrivera dans les rayons des pharmacies à partir de lundi prochain, le 2 novembre, et Novo Nordisk a déjà confirmé que les premières livraisons étaient déjà en cours dans certaines officines.
Le Wegovy en cachet : un luxe réservé aux plus aisés ?
Le principe actif reste strictement identique à celui de la forme injectable : le sémaglutide, qui mime l’action du GLP-1, une hormone intestinale libérée après avoir mangé. En se fixant sur les récepteurs de cette hormone dans le cerveau, la molécule réduit la sensation de faim et prolonge la sensation de satiété, ce qui, à long terme, incite les patients à réduire naturellement leurs apports caloriques et favorise la perte de poids.
Avant l’arrivée de la forme en comprimés, le Wegovy s’injectait à l’aide d’un stylo (comme les stylos d’insuline pour le diabète de type 1 ou 2), à raison d’une piqûre sous-cutanée hebdomadaire. Par voie orale, le comprimé devra être avalé quotidiennement chaque matin à jeun, en attendant une trentaine de minutes avant de manger, boire ou prendre un autre médicament. D’aucuns trouveront la prise peut-être plus contraignante, mais pour les patients qui craignaient les aiguilles, l’alternative risque de faire de nombreux adeptes.
La posologie, déterminée par le médecin prescripteur, prévoit une introduction progressive de la molécule, avec un palier toutes les quatre semaines pour laisser à l’organisme le temps de s’adapter. Les patients à qui il sera prescrit commenceront le premier mois par 1,5 mg, puis 4 mg, 9 mg, et enfin 25 mg en dose d’entretien. Une augmentation graduelle qui permet de limiter les effets indésirables gastro-intestinaux (nausées, vomissements), de loin les plus fréquents, qui surviennent surtout lors des augmentations de dose et s’atténuent généralement au fil des premières semaines.
Seul bémol (et de taille) : son prix. Le comprimé n’étant pas remboursé par la Sécurité sociale, son prix est libre ; il pourra donc varier d’une pharmacie à l’autre.
Novo Nordisk a tout de même fixé des tarifs conseillés : 169 euros par mois pendant les deux premiers mois de traitement (doses de 1,5 puis 4 mg), 205 euros le troisième mois lors du passage à 9 mg, et 235 euros par mois une fois la dose cible de 25 mg atteinte, soit à partir du quatrième mois. Un patient qui souhaiterait débuter le traitement doit compter au minimum 778 euros pour les quatre premiers mois, puis 235 euros chaque mois suivant, qu’il devra sortir intégralement de sa poche.
Contrairement à la forme injectable, prise en charge à 65 % depuis le 15 juin 2026 pour les cas d’obésité morbide (IMC ≥ 40) ou sévère avec comorbidité (IMC ≥ 35 avec diabète de type 2, hypertension, apnée du sommeil…), le comprimé reste pour l’heure totalement exclu du dispositif de remboursement et aucune procédure d’évaluation n’a été engagée par les autorités de santé pour que cela soit le cas. Il bénéficie toutefois du même statut (médicament de prescription médicale obligatoire classé sur liste I) et ne pourra être obtenu que sur ordonnance. Tout médecin peut le prescrire, généraliste comme spécialiste, sans restriction particulière, contrairement à la forme injectable dont la primo-prescription reste réservée aux structures spécialisées. Pour qu’il soit un jour pris en charge, Novo Nordisk devra déposer un dossier auprès de la HAS (Haute Autorité de Santé), puis négocier un tarif avec le CEPS (Comité économique des produits de santé) : un parcours administratif qui avait pris plus de trois ans pour la forme injectable.
- Le Wegovy, traitement anti-obésité, arrive en France en comprimés à partir du 2 novembre 2024, après une approbation de l’EMA.
- Son prix est élevé, variant de 169 à 235 euros par mois, sans remboursement par la Sécurité sociale.
- La prise est quotidienne et nécessite une ordonnance, avec une posologie progressive pour limiter les effets secondaires.
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