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Elon Musk reconnaît que son IA Grok lui coûte beaucoup trop cher, malgré son succès fulgurant

Grok, l’enfant terrible dont Elon Musk était si fier, qu’il nous a vanté à maintes reprises comme étant le chatbot « supérieur » aus autres, est aussi celui qui crame le plus rapidement la trésorerie de son entreprise, xAI. L’homme d’affaires l’a avoué lui-même publiquement, et l’ardoise continue de s’allonger.

Il y a deux semaines à peine, lors de la présentation des résultats trimestriels de SpaceX le 20 octobre, Elon Musk en a profité pour parler de Grok, son chatbot passé en version 4.6 durant l’été 2026, et en 4.7 en septembre. Comme à son habitude, il n’a pas tarit d’éloges : « Je n’ai jamais vu quoi que ce soit croître aussi vite », a-t-il déclaré. « À mesure que nous rendons Grok plus utile, les gens l’utilisent davantage chaque semaine », poursuivant son concours habituel d’autosatisfaction.

Gwynne Shotwell, présidente de SpaceX, a complété ses déclarations, annonçant avec fierté que Grok avait franchi la barre symbolique des 800 000 utilisateurs payants. Elle a également ajouté que les entreprises l’utilisaient comme un « véritable levier de productivité à travers les ventes, le marketing, l’IT et l’ingénierie, en le traitant comme un coéquipier disponible 24/7 pour piloter des workflows complexes de bout en bout. ».

Mais dimanche dernier, le ton a changé : en réponse à des abonnés se plaignant sur X de limites d’utilisation atteintes en seulement quelques heures, Musk a lâché : « Le coût de fonctionnement de Grok était incroyablement élevé par rapport aux revenus générés. » Même si nous sommes habitués au grands écarts muskiens de ce type, nous sommes en droit de nous demander comment Grok a pu soudainement passer du statut d’étendard technologique de xAI à celui de boulet financier.

L’IA qui a les yeux plus Grok que le ventre

Si Grok est aussi gourmand c’est qu’il redirige les tâches, selon leur niveau de complexité et leur nature, à d’autres modèles d’IA externes concurrent. Si vous lui posez une question simple, il utilise des sous-modèles ultra-légers et optimisés en interne. Toutefois, dès qu’une requête plus lourde lui est demandée, il externalise une partie de son raisonnement vers d’autres chatbots : Claude, pour le code notamment, Midjourney pour la génération d’images, ou Suno pour la création musicale, par exemple.

xAI paie donc la facture plein pot à ses fournisseurs (avec la marge commerciale de ces derniers incluse), que la tarification ne suffit plus à compenser. Pourtant, il n’est clairement pas un modèle abordable pour le client, qui a le choix entre plusieurs abonnements.

S’il existe une version gratuite, elle est très limitée et ne laisse que peu de crédits d’utilisation, si on le compare, par exemple, à ChatGPT ou à Gemini. Les abonnements sont ensuite échelonnés en quatre niveaux : le forfait Plus (8 dollars par mois, soit 7,14 euros), le Premium (30 dollars par mois, environ 26,80 euros), le Super (100 dollars par mois, environ 89,30) et l’Ultra (200 dollars par mois, soit approximativement 178,50 euros). Malgré ces tarifs salés, Grok n’est pas rentable pour xAI, pour qui l’exploitation est devenue trop chère.

En prenant en compte le contexte financier actuel de la firme, qui n’est pas au plus haut de sa forme, on voit mal comment elle pourra éviter une cure d’austérité drastique ou une révision à la baisse des quotas sans essorer ses abonnés les plus fidèles. Selon le dossier d’introduction en bourse de SpaceX, la division IA a affiché 6,4 milliards de dollars de pertes en 2025 pour 3,2 milliards de revenus, tandis que les dépenses liées à xAI ont atteint 23,5 milliards de dollars en 2026, soit plus de 82 % du budget total d’investissement de SpaceX.

La marge opérationnelle du groupe est passée de 3,3 % en 2024 à -13,9 % en 2025 : Grok est un véritable gouffre que même les revenus colossaux de Starlink, la vache à lait du groupe, ne suffisent plus à colmater.

Dernière mauvaise surprise pour les abonnés à Grok : depuis que SpaceX a racheté Cursor, la plateforme de programmation assistée par IA, pour 60 milliards de dollars en juin dernier, les deux outils partagent un même quota d’utilisation hebdomadaire. Par exemple, un développeur qui a fait tourner sans relâche Cursor du lundi au mercredi peut découvrir le jeudi qu’il ne peut plus utiliser Grok, sans avoir utilisé le chatbot une seule fois. Les forums d’usagers de Cursor débordent donc de témoignages de personnes signalant des pics de consommation de crédits inexpliqués.

xAi se retrouve donc prisonnière d’un cercle vicieux qu’elle a elle-même formé. Si Grok séduit tant les usagers, c’est parce qu’il s’appuie sur le nec plus ultra des autres modèles d’IA, ce qui renfloue les caisses de ses rivaux ; plus il en attirera, plus il externalisera de tâches, plus la note sera salée pour la firme de Musk. Note qu’elle doit régler rubis sur l’ongle… en attirant plus d’abonnés. La croissance, loin de résoudre le problème, l’aggrave : le serpent se mord la queue, et pour lui couper l’appétit, xAI devra développer des modèles maison aussi puissants que ceux de ses prestataires. Un chantier colossal se chiffrant à plusieurs milliards de dollars, qui creusera encore davantage les pertes du groupe avant de pouvoir les résorber.

  • Elon Musk admet que son chatbot Grok coûte trop cher à exploiter malgré son succès avec 800 000 utilisateurs payants.
  • Grok externalise des tâches à d’autres IA, entraînant des coûts élevés qui dépassent les revenus générés.
  • xAI fait face à des pertes financières conséquentes, rendant la rentabilité de Grok difficile à atteindre.

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